Dans une cuisine équipée d'une hotte et d'une bouche d'extraction, deux filtres se partagent le même air : le filtre à graisse de la hotte et le module de la bouche de VMC. L'un protège le moteur de l'autre, l'autre protège le conduit. Les entretenir séparément, sans voir leur interaction, est la première cause des odeurs de cuisine qui remontent dans les chambres et du colmatage prématuré des réseaux. Voici la logique à appliquer pièce par pièce.
La chaîne de protection, dans l'ordre du flux d'air
- La hotte capte l'essentiel des aérosols de cuisson à la source. Filtre à graisse saturé, elle laisse passer ce qu'elle devait arrêter : la graisse va alors se déposer dans le conduit et sur la roue du caisson.
- La bouche d'extraction, souvent située à l'opposé de la cuisinière, extrait l'air ambiant résiduel. Sur un réseau collectif ou une VMC individuelle, son module autoréglable ou hygroréglable se charge du film gras qui a passé la hotte.
- Le caisson reçoit en bout de course ce que les deux premiers n'ont pas arrêté : le feutrage de sa roue est l'addition des négligences en amont.
Rythme d'entretien réaliste, cuisine par cuisine
- Hotte à graisse métallique lavable : un bain dégraissant par mois en usage courant, deux semaines avec deux repas mijotés par jour. Filtre jetable : on ne le ravive pas, on le remplace au trimestre.
- Bouche d'extraction : démontage du module et nettoyage à l'eau chaude savonneuse tous les six mois, plus souvent au-dessus d'une cuisinière sans hotte ou avec une hotte à recyclage.
- Roue et carter du caisson : contrôle visuel semestriel en cuisine principale ; un dépôt gras visible sur les aubes reporte le nettoyage à la semaine, pas à l'année.
Le cas de la hotte à recyclage
Une hotte à charbon actif qui recycle renvoie dans la cuisine l'humidité et une part des polluants de cuisson. La bouche de VMC travaille alors seule sur une charge qu'elle n'a pas été dimensionnée pour recevoir : buée longue, odeurs tenaces, condensation aux angles. Sans déposer la hotte, deux correctifs existent : augmenter la fréquence de nettoyage de la bouche à trimestrielle, et vérifier que le débit en bouche atteint bien la valeur réglementaire de la pièce — une hotte qui recycle ne dispense en rien de l'obligation d'extraction mécanique.
Les odeurs qui trahissent l'état du système
Odeur de friture à l'étage ou dans la chambre voisine d'une collective : le conduit est encrassé ou la traverse de toiture est obstruée, et l'air extrait repart ailleurs. Odeur de renfermé dans la cuisine à l'arret : clapet de terminaison bloqué ou siphon sec, et le conduit joue cheminée inversée. Odeur de graisse chaude au niveau du caisson : dépôt gras dans le carter, à nettoyer avant qu'il ne chauffe au point de dégager durablement.
Le carnet, encore lui
Chaque intervention se consigne : date, pièces démontées, débits relevés avant/après. En locatif, c'est la pièce qui tranche un litige de décence ; en copropriété, elle distingue l'entretien privatif des bouches de la réfection des colonnes communes, à la charge du syndicat. Un carnet tenu sur quatre ans évite deux discussions coûteuses : celle du moment où il faut nettoyer, et celle de qui paie.


Validez votre connexion