Deux logiques : neuf et rénovation ne se lisent pas pareil
La RT2012 traite la ventilation dans sa sous-section 4. Pour le neuf (sous-section 4.1), tout est chiffré : débits par pièce principale et pièce de service, performances des bouches, sur-pression ambiante plafonnée. Pour l'existant, la logique change : ce n'est plus « respecter le calcul du projet » mais « ne pas dégrader, et atteindre un niveau minimal quand on y touche ». C'est la sous-section 4.2, et c'est celle qu'on cite mal en rénovation.
Les trois déclencheurs concrets en maison individuelle
- Remplacement du système de ventilation : l'arrêté du 30 mai 2001 s'applique intégralement — débit de dimensionnement selon le nombre de pièces principales et de services, entrées d'air dans les pièces principales, extraction dans cuisine et salle d'eau, réglage. Remplacer un caisson sans reprendre les sections de gaines est le cas le plus fréquent de non-conformité.
- Travaux sur l'enveloppe rendant le bâtiment plus étanche : calorifugeage par l'extérieur, changement de fenêtres avec suppression des entrées d'air : la ventilation doit être adaptée en conséquence (repose d'entrées d'air autoréglables, passage en hygroréglable), sous peine de sous-ventilation — c'est le mécanisme le plus observé en réhabilitation énergétique.
- Extension ou surélévation : la partie neuve se dimensionne seule, mais la vérification du système existant s'impose si l'extension est desservie par la même installation.
Ce que le texte n'exige pas (et qu'on tord souvent)
La sous-section 4 n'impose pas la double flux en rénovation, n'exige le mesurage de perméabilité à l'air qu'au neuf, et n'impose pas de relevé de débits annuel pour les particuliers — l'obligation de relevé annuel (arrêté du 30 mai 2001, article 14) ne vise que les immeubles collectifs et certains tertiaires. La contrepartie : l'obligation permanente d'un moyen d'aération réglable et fonctionnel, elle, s'applique partout, y compris dans un logement loué où un locataire peut exiger la remise en état.
Mettre son dossier en conformité sans se ruiner
En pratique, trois pièces font la différence dans un dossier de rénovation : la notice de dimensionnement des débits (tableau pièces principales / pièces de service), le choix d'un système à réglage (hygroréglable ou débit constant) cohérent avec l'étanchéité visée, et la trace des débits mesurés en sortie de chantier avec la méthode de mesure indiquée. Ces trois éléments se constituent pour quelques dizaines d'euros et coupent court à la majorité des contestations — en assurance décennale comme en litige locatif.
Le relais avec la RE2020 et l'audit énergétique
La RE2020 a repris l'ossier de la sous-section 4 pour le neuf en y ajoutant le seuil de perméabilité à l'air et l'indicateur d'inconfort estival, ce qui rend la cohérence enveloppe-ventilation encore plus déterminante. Pour l'existant, le point de contact est l'audit énergétique : quand il recommande un passage en ventilation hygroréglable ou double flux, il ne fait que traduire la sous-section 4.2 en scénario chiffré. Retenez la règle de bon sens qui découle de ce texte : dès qu'un lot d'amélioration de l'étanchéité est engagé, le lot ventilation se traite dans le même marché — jamais en second oeuvre tardif, jamais en oubli.







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