Le conduit collectif est un circuit hydraulique
Dans une VMC collective, un ou plusieurs conduits verticaux montent jusqu'à l'extracteur de toiture, et chaque logement pique sa cuisine, sa salle de bains et ses WC sur ce conduit par des piquages successifs à chaque niveau. La différence avec le individuel est de taille : le débit disponible à votre piquage dépend de ce que prennent les voisins et de la géométrie de chaque raccord. Le conduit est un circuit unique : toute singularité locale se traduit en perte de charge globale.
Perte de charge : ce qui coûte, ce qui ne coûte pas
Les trois géométries qu'on rencontre, du pire au meilleur :
- le té simple à 90° : le flux vertical heurt le fond du té, une partie du débit des étages inférieurs y casse, et l'air du logement piqué entre en perturbation. C'est la configuration la plus pénalisante, et la plus fréquente dans les installations anciennes ;
- le té à entrée oblique ou cône de raccordement : l'air du logement entre dans l'axe, la perte se réduit des deux tiers ;
- le piquage emmanché sur manchette étanche : joint lèvre, aucun recirculation entre branches, débit de chaque étage tenu indépendamment des autres.
Pourquoi un faux té affame tout l'étage
Le faux té, ou coude à 45° monté sens inverse, crée une zone de basse pression au droit du piquage : il aspire partiellement l'air déjà engagé dans le conduit, qui redescend dans le logement voisin au lieu de monter. Effet mesurable : deux appartements sur le même montant voient leur débit chuter de 20 à 40 % pendant que le moteur de toiture tourne sans changer. Le diagnostic différentiel est simple : si les débits varient selon ce que font les voisins, la géométrie du piquage est en cause ; si tous les étages sont faibles uniformément, c'est l'extracteur ou le conduit principal.
Les quatre règles de proportionnement
- Raccorder en sortie de conduit, jamais en entrée d'air. Le flexible du logement doit déboucher après la section de collecteur, jamais dans le flux descendant d'une bouche voisine.
- Réserver la pleine section au conduit principal. Une gaine de 80 ne se pique pas sur un conduit réduit à 60 par un adaptateur posé au mauvais endroit : la restriction créée vaut deux mètres de conduit en moins pour le dernier étage.
- Contre-pentes et condensats. En collectif, un piquage qui ne descend pas vers sa purge accumule l'eau au droit du clapet : la bouche se grippe, puis l'étage complet se dégrade à petit bruit.
- Clapet antiretour individuel. Sur les collectifs à surpression modérée, il empêche le retour d'air inter-étages quand l'extracteur s'arrête, et protège les bouches hygroréglables des lectures fausses.
Vérifier après travaux, pas seulement pendant
Tout intervention sur un conduit collectif, tubage, changement d'extracteur, création d'une bouche, doit se terminer par une mesure de débit aux trois bouches d'un logement témoin, aux deux extrémités du montant : le plus haut et le plus bas étage. Ces deux lectures disent en dix minutes si le proportionnement tient, avant que les occupants du sixième ne découvrent leurs moisissures en janvier.







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