Trois stratégies dans un seul caisson
Depuis l'arrêté du 30 mai 2001, les logements neufs à réseau unique peuvent être équipés de dispositions « hybrides » : la ventilation mécanique n'est activée que lorsque la ventilation naturelle ne suffit plus. Déclinée en double flux, l'idée donne des caissons à trois régimes : double flux classique (extraction + insufflation), extraction seule façon simple flux hygroréglable (le débit entrant se fait alors par les entrées d'air des pièces principales), et tirage naturel assisté par le conduit de cuisine lorsque le tirage thermique suffit à balayer le logement. Le passage d'un régime à l'autre est commandé par l'hygrostat de référence et, selon les modèles, par des sondes de CO2 ou de température.
Le double flux en mode simple flux : quand ça a du sens
- Mi-saison : quand l'écart de température intérieur/extérieur est faible, récupérer de la chaleur n'a plus d'intérêt et faire tourner deux ventilateurs coûte de l'électricité pour rien. Le caisson bascule en extraction seule, pilotée par l'hygrostat.
- Été : combiné au bypass, le mode extraction seule consomme moins (un seul ventilateur) tout en maintenant l'hygiène de l'air, l'air entrant arrivant par les entrées d'air autoréglables.
- À l'achat : vérifiez que le mode dégradé conserve un réglage hygroréglable conforme — sinon, vous vous retrouvez en extraction permanent petit débit, avec sous-ventilation les jours d'occupation forte.
Tirage naturel assisté : la condition que beaucoup oublient
Le régime « tirage naturel » n'existe que si le cheminement des gaines s'y prête : le réseau extrait doit aboutir en partie haute du logement, en toiture, avec une partie verticale finale d'au moins 1,50 à 2 m pour créer le tirage thermique, et un clapet anti-retour efficace au caisson. Dans une rénovation où le caisson est en combles et les gaines descendent cuisiner en pièce basse, ce régime est inopérant — le caisson reste en mode mécanique. C'est un argument d'implantation à trancher avant la pose, pas après.
Ce que l'on y gagne, ce que l'on y perd
Gains mesurés dans les études d'usage : consommation électrique réduite de 30 à 60 % les mois doux, bruit perçu en baisse (un seul ventilateur), usure mécanique répartie. Contreparties : une électronique de pilotage plus complexe, deux modes de perte de débit à diagnostiquer au lieu d'un, et un contrôle de conformité à la française plus fin — le relevé de débits s'effectue régime par régime. Pour un bailleur, retenez que l'obligation de moyen d'aération permanent et réglable reste couverte en tous régimes : le mode hybride ne dispense jamais de vérifier les entrées d'air.
En entretien, un régime de plus à connaître
L'exploitant doit savoir dans quel régime se trouve le caisson pour diagnostiquer un défaut de débit : en double flux, on mesure entrée et extraction ; en mode extraction seule, on ne relève que l'extraction et on vérifie que les entrées d'air ne sont pas obturées ; en tirage naturel, on contrôle l'absence de point bas et la liberté du clapet. Notez sur le carnet d'entretien le régime observable en conditions normales d'usage, c'est le repère qui fera gagner du temps au dépannage suivant.







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