Perte de charge d'un réseau de soufflage : comment le boîteur de distribution mange le débit de votre double flux

Le boîtier de distribution n'est pas un repartiteur neutre

Dans une VMC double flux à réseau secondaire souple, le caisson pousse l'air neuf dans une gaine principale, qui aboutit à un boîtier de distribution (collecteur à piquages). Ce boîtier est le point où la pression statique du ventilateur est la plus élevée ; chaque branche qui en part consommera une partie de cette pression. La pression réellement disponible à l'embout d'une bouche vaut donc : pression au collecteur, moins la perte de charge de la branche (gaine + coudes + terminal + bouche elle-même).

Conséquence directe : deux branches de longueurs différentes alimentées par le même collecteur ne reçoivent pas le même débit, même si leurs bouches sont identiques et réglées pareil. C'est la cause la plus fréquente des chambres surventilées et du salon sous-ventilés après une installation en gaine souple 75 mm.

Valeurs de perte de charge à retenir

  • Flexible isolé 75 mm non supporté, à environ 60 m³/h : 1,5 à 3 Pa par mètre ; le même conduit rigide lisse descend sous 1 Pa/m.
  • Coude 90° rayon court sur 75 mm : 10 à 15 Pa ; un coude à 45° ou un renvoi à grand rayon retombe à 3 à 6 Pa.
  • Terminal et bouchette de soufflage : 10 à 20 Pa au débit nominal, davantage sur les modèles à déflexion orientable.
  • Filtre air neuf encrassé : de 20 Pa neuf à 80-100 Pa colmaté — il ampute la pression disponible en amont de tout le réseau.

La perte de charge variant environ comme le carré du débit, une branche calculée pour 160 Pa de consommation avec 150 Pa disponibles au collecteur passe d'un débit nominal de 60 m³/h à environ 55-58 m³/h, soit une perte de 5 à 8 % qui se cumule avec le colmatage du filtre.

Rééquilibrer dans le bon ordre

1. Réduire la consommation d'abord : gaines tendues et supportées tous les 2 à 3 m, coudes à 90° remplacés par des naissances orientables, filtre neuf. 2. Équilibrer ensuite, aux volets ou registres du boîtier : ouvrant à fond la branche la plus longue et la plus consommatrice, puis en fermant progressivement les branches courtes (souvent à 30-50 % de fermeture), mesure à l'appui. 3. Contrôler l'équilibre global soufflage/extraction : un écart supérieur à ±5 % se traduit par une surpression ou une dépression du logement, visible aux entrées d'air extérieures qui se collent ou claquent.

Les pièges de mesure

  • Anémomètre à chaud placé à plus de 30-50 mm de l'embout : l'air se détend, la lecture chute de 10 à 30 %.
  • Confondre la section apparente de la bouchette et sa section libre (0,5 à 0,7 de la surface visible) : le calcul m³/h est faux du simple au double.
  • Relever les débits hotte de cuisine ou VMC de garage en marche : les deux débits ne sont pas ceux du régime permanent.

Un relevé par pièce, horodaté et conservé, sert de référence pour l'entretien annuel : la dérive du débit trahit l'encrassement avant qu'il ne se sente.