Le contexte : un caisson collectif, des bouches individuelles
Dans le parc collectif français, la ventilation est souvent assurée par un unique ventilateur en toiture qui dessert des conduits verticaux regroupés. Chaque logement y débouche par ses bouches de cuisine et de salle d'eau. Quand on remplace les bouches à débit constant par des bouches hygroréglables, on croit moderniser l'installation. On change en réalité son équilibre.
Une bouche hygroréglable module entre un faible débit (souvent autour de 30 % du débit nominal) et son plein débit. Le conduit vertical, lui, reçoit toujours la pression du caisson de toiture. Résultat : quand les bouches se ferment, l'air ne sait plus où aller et le conduit se met en surpression. L'air vicié remonte par les faux-plafonds, les fourreaux et les passages de dalles, et redescend chez le voisin.
Symptômes caractéristiques, et comment les distinguer
- Refoulement chez le voisin : on sent un courant d'air froid ou une odeur de cuisine dans une pièce haute, au droit d'un conduit. Le papier fin collé sur un joint de faux-plafond se soulève.
- Cuisine qui fume malgré une bouche neuve : le débit mesuré à la bouche est correct, mais l'air chaud de la cuisson ne descend plus jusqu'à la bouche : la surpression du conduit s'oppose à l'éjection.
- Tirage inversé par temps chaud : en été, l'effet de cheminée du conduit vertical peut inverser le sens de l'écoulement, phénomène accentué si le caisson tourne au ralenti.
- Surconsommation apparente du caisson : le moteur travaille sur un réseau dont la résistance varie avec l'ouverture des bouches, et sa courbe débit-pression est mal exploitée.
Les remèdes, dans l'ordre de coût
Le premier est le plus simple : vérifier que chaque bouche d'un réseau collectif est d'un modèle admis pour ce type d'installation. Les bouches pour conduits regroupés intègrent un dispositif anti-surpression et un by-pass calibré, contrairement aux bouches de simple flux individuel. Le second consiste à créer une entrée d'air dans chaque pièce principale : sans renouvellement d'air, aucune extraction ne fonctionne correctement, même avec la meilleure bouche du marché.
Le troisième est un réglage du caisson de toiture, souvent possible sur ses prises ou ses vitesses, pour ramener la pression du conduit au niveau prescrit par le procédé. Enfin, en dernier recours, une ventilation mécanique par insufflation en cuisine, ou un extracteur individuel sur conduit dédié, traite le logement isolément sans toucher au procédé collectif.
Ce qu'il faut arrêter d'affirmer
Une bouche hygroréglable qui « ne s'ouvre jamais » n'est pas forcément morte : dans une cuisine ventilée en permanence par une fenêtre entrebâillée, le capteur ne voit jamais les 45 % d'humidité qui déclenchent le grand débit. Le test au sel (une coupelle d'eau salée au voisinage du capteur, à l'arrêt du moteur) vérifie le hygrostat. Mais dans un collectif, la première mesure à prendre est de lire la plaque et les dimensions du conduit, et de faire contrôler la surpression du réseau par un relevé de débits et une mesure de pression différentielle en partie haute.







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