Deux gammes, deux logiques de commande
Le marché des VMC hygroréglables individuelles se structure en deux gammes, issues de la même famille de la norme NF 68-C721. La gamme GT, dite hygro B, est constituée de caissons à débit variable en continu : le capteur ajuste progressivement la vitesse du moteur en fonction de l'humidité mesurée en partie principale. La gamme STV, dite hygro C, est un caisson à deux vitesses dont la commutation est commandée par le seuil atteint par le terminal de cuisine. Le choix entre hygro B et hygro C ne relève pas d'un niveau de gamme mais d'un arbitrage entre consommation, acoustique, coût d'installation et entretien.
Hygro B : la modulation continue
Le caisson hygro B augmente progressivement son débit à mesure que l'humidité relative de la pièce principale s'élève, avec une consigne médiane située autour de 45 pour cent dans la majorité des produits. L'intérêt est double.
- Le fonctionnement est silencieux aux heures creuses : le moteur reste à bas régime tant que le logement n'est pas occupé.
- Il n'y a pas de terminal à capteur dans chaque pièce de service : un seul point de mesure, donc un seul réglage et une seule pièce sensible à nettoyer.
Les limites sont connues. Le capteur unique est implanté sur le caisson, souvent en combles : il mesure l'humidité de l'air extrait en moyenne, pas celle de la cuisine au moment de la cuisson, ce qui retarde la réaction de quelques dizaines de minutes. La modulation continue est moins favorable aux pointes très brutelles, comme la douche d'une salle de bains éloignée du caisson. Enfin, le coût matériel est en général supérieur à celui d'un caisson deux vitesses équivalent.
Hygro C : la commutation par seuil
Le caisson hygro C reste en grande vitesse de façon intermittente. La commutation est ordonnée par le terminal de cuisine, dont l'élément hygroscopique obture ou découvre la section utile en fonction de l'humidité locale. Dés lors que le seuil haut est franchi, le caisson passe en grande vitesse et débite la valeur de pointe de la cuisine, typiquement 120 à 150 m³/h pour une cuisine de volume courant.
- La réaction est locale et rapide : la source d'humidité est mesurée à sa sortie.
- Le tarif du matériel est généralement plus doux et la pièce de rechange courante.
- Chaque terminal de pièce d'eau porte un capteur : le nombre de points de contrôle à l'entretien est plus élevé.
- Le bruit de la commutation en grande vitesse est audible dans les gaines proches des pièces de vie.
Critères d'arbitrage sur chantier
Le quatrième critère est documentaire. Les textes applicables à la ventilation des logements autorisent indifféremment les deux gammes pour l'essentiel des configurations, avec des valeurs de débits minimaux qui leur sont propres ; le calcul et l'attestation doivent donc être établis sur la gamme réellement installée, et non sur la gamme concurrente.
Entretien : ce que coûte réellement chaque gamme
Le contrat d'entretien n'est pas identique. Sur un hygro B, on nettoie le caisson, les filtres éventuels et les bouches, et on contrôle la cohérence de la mesure d'humidité en comparant le régime lu au régime attendu pour une humidité donnée. Sur un hygro C, s'ajoute le contrôle des capteurs de chaque terminal : un seuil bloqué par un dépôt graisseux en cuisine maintient la petite vitesse en permanence, avec pour conséquence une moisissure des angles froids alors même que le moteur fonctionne.
Dans les deux cas, le remplacement du caisson à l'identique conserve les gaines et les terminaux, à condition de retrouver la même gamme et la même classe de débit. Un remplacement croisé, de hygro B vers hygro C ou l'inverse, impose de reprendre le réseau de terminaux et la note de calcul : c'est une opération de rénovation, pas un échange standard.







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