Une erreur fréquente en simple flux consiste à poser la même bouche partout et à régler le caisson « pour que ça marche ». La réglementation sanitaire ne raisonne pas ainsi : elle fixe un débit minimal par pièce de service, et ce débit n'est pas le même dans un WC de 2 m² et dans une cuisine. Poser des bouches identiques et un caisson dimensionné au plus fort débit extrait trop d'air des petites pièces et pas assez des pièces hautes en charge d'humidité.
La grille des débits minimaux, pièce par pièce
L'arrêté du 24 mars 1982, dans sa rédaction issue de l'arrêté du 3 février 2022, fixe pour les logements les débits minimaux d'extraction suivants pour la ventilation mécanique en régime de base ou de service :
- Cuisine : de 60 à 135 m³/h en extraction mécanique (jusqu'à 120 m³/h en extraction naturelle), la valeur dépendant du nombre de pièces principales du logement. C'est la pièce la plus ventilée du logement, loin devant les sanitaires.
- Salle de bains ou de douches : 15 m³/h jusqu'à deux pièces principales, 30 m³/h au-delà. Une seconde salle d'eau ajoute 15 m³/h supplémentaires dans la plupart des configurations.
- Cabinet d'aisances (WC) : 15 m³/h, quelle que soit du logement. Un WC isolé ne demande pas plus, mais jamais moins.
Ces valeurs s'entendent en sortie de bouche, conduit compris : une bouche raccordée à un long développement de flexibles ne délivre pas le débit de sa plaque signalétique. C'est la raison pour laquelle le dimensionnement se fait en perte de charge réseau, pas uniquement au catalogue.
Pourquoi WC et salle de bains ne prennent pas la même bouche hygroréglable
Dans un réseau hygroréglable, la bouche module du petit débit au grand débit en fonction de l'humidité mesurée. En salle de bains, l'hygrostat doit franchir le seuil de grand débit après la douche : la bouche y est réglée sur un seuil d'amorçage bas et sur son débit de pointe. En WC, l'asservissement principal n'est pas l'humidité mais l'usage : certains fabricants prévoient une commande par interrupteur ou par détection de présence plutôt qu'un seuil hygrométrique. Une bouche de salle de bains montée telle quelle en WC sur-ventile en permanence ; une bouche de WC en salle de bains ne prend jamais le grand débit après la douche, et la moisissure des joints de carrelage finit par le signaler.
Trois erreurs de pose qui annulent la grille
- Intervertir les bouches de calibres différents entre pièces : la bouche de 30 m³/h en WC gaspille, la bouche de 15 m³/h en cuisine sous-ventile le principal producteur d'humidité du logement.
- Oublier que la cuisine cumule : si une hotte mécanique existe, son débit s'ajoute au débit réglementaire de la bouche, il ne le remplace pas — les deux logiques ne s'additionnent pas utilement si l'amenée d'air n'est pas dimensionnée en conséquence.
- Régler le caisson au lieu de régler les bouches : en simple flux autoréglable, le débit de chaque pièce se règle à la bouche ; le caisson ne fait que créer la dépression.
Au contrôle, la vérification se fait au débitmètre à capuchon sur chaque bouche, à la pression de service du réseau, puis par différence avec la plaque de la bouche. C'est la seule mesure qui prouve que la grille réglementaire est respectée pièce par pièce — pas la sensation de tirage à la main.







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