Logement sous vide avec une VMC simple flux : mesurer la dépression, trouver la vraie causeVMC Simple Flux
Logement sous vide avec une VMC simple flux : mesurer la dépression, trouver la vraie cause

Reconnaître un logement en dépression

Une VMC simple flux extrait l'air vicié et le rejette dehors. L'air neuf doit entrer par des entrées d'air dans les pièces principales. Si elles sont absentes, obturées ou sous-dimensionnées, le caisson continue d'extraire et met tout le logement en dépression : l'air entre alors par les fuites de l'enveloppe, aux endroits qu'on n'a pas choisis.

Les signes sont parlants :

  • Porte d'entrée difficile à ouvrir, ou qui se déverrouille seule par temps froid.
  • Sifflement aigu au droit des menuiseries donnant sur rue ou sur cour.
  • Flamme d'un appareil à gaz atmosphérique qui se déstabilise quand la VMC tourne.
  • Retour d'air froid par une hotte ou par un conduit de cheminée non utilisé.
  • Porte de salle de bains qui claque à la fermeture, témoin d'une surpression locale.

Mesurer avant de conclure

La mesure se fait au manomètre différentiel, ou à défaut à un tube en U rempli d'eau colorée, jamais au ressenti. Protocole :

  • Portes intérieures ouvertes, VMC au petit débit, puis au grand débit, puis arrêt.
  • Prise de pression dans le séjour, référence à l'extérieur par un tube traversant une menuiserie jointée et obturée autour de lui ; laisser stabiliser trente à soixante minutes par configuration.
  • Noter l'écart de pression. Un logement correctement alimenté reste sous 5 Pa au petit débit ; au-delà de 10 à 15 Pa au petit débit, l'alimentation en air neuf est insuffisante et le réseau est sous-dimensionné.

Quatre causes, classées par fréquence

1. Entrées d'air absentes ou peinturlées. Cas le plus fréquent en appartement rénové : les menuiseries neuves sont devenues étanches, les entrées d'air n'ont jamais existé ou ont été masquées à la peinture. Sans elles, tout le calcul de renouvellement d'air s'effondre.

2. Entrées d'air colmatées. Un filtre de grille d'amenée encrassé passe inaperçu : il laisse passer le bruit, beaucoup moins l'air. Contrôle simple : débit relevé à l'entrée d'air avant et après nettoyage.

3. Extraction trop forte pour l'alimentation. Un caisson surdimensionné ou un moteur remplacé trop puissant impose une dépression que les entrées d'air ne peuvent suivre. Le débit réglementaire est un minimum, pas une consigne.

4. Faux raccords entre réseaux. Une VMC raccordée par erreur sur un conduit de fumées, ou un conduit de cheminée détourné pour extraire une pièce d'eau, crée un court-circuit qui vide le logement par le plus gros orifice disponible.

Ce qu'il ne faut jamais faire

Oturer une entrée d'air pour supprimer un sifflement supprime le symptôme et aggrave la cause. La réponse est une entrée d'air adaptée, à clapet acoustique ou autoréglable de classe supérieure, jamais un bande adhésif. De même, baisser le caisson au petit débit pour calmer la dépression résout le sifflement mais installe l'humidité : les murs noirciront l'hiver suivant. La dépression n'est jamais un problème de débit sortant trop fort, presque toujours un problème d'entrée d'air insuffisante.

Le relevé de pression, daté et signé, vaut mieux qu'une impression : consignez les trois valeurs (petit débit, grand débit, arrêt) sur une fiche collée au caisson. L'an prochain, la comparaison des deux relevés répondra en dix minutes à la question qui demande une demi-journée d'enquête sans historique.