Bouches hygroréglables de type B ou C : deux courbes, deux usages

Une seule différence : la courbe de modulation

Une bouche hygroréglable module son débit de façon autonome, sans électricité, grâce à un capteur à fibres de polyamide qui gonfle ou se rétracte selon l'humidité relative ambiante. Le type B et le type C partagent le même matériel, la même tête de réglage, le même raccord ; seule change la courbe seuil/débit inscrite dans la capsule. En petit débit, les deux tiennent environ 15 m³/h en cuisine et WC, 30 m³/h en salle d'eau selon les gammes ; en débit fort, une bouche peut monter à 60, 75 voire 110 m³/h en pointe cuisine pour un type C.

Type C : la sensibilité maximale

Le type C est la cartographie historique, héritée des réseaux collectifs des années 1980. Il ouvre franchement dès 40 à 45 % d'humidité relative : adapté à une cuisine très équipée, à un WC d'usage intensif ou à un logement où les pics d'humidité sont brefs et violents. Revers de la médaille : il se déclenche au moindre passage, donc un peu plus de bruit, des pertes de charge plus variables, et une sensibilité accrue à l'encrassement du capteur.

Type B : la modulation douce

Le type B décale les seuils d'environ 10 points vers le haut : il n'ouvre nettement qu'à 50-55 % d'humidité relative. Recommandé en chambre, où les pics nocturnes sont modérés mais continus, et dans les logements déjà secs où un type C tournerait en permanence entrouvert. En chambre d'adulte, un B bien calibré évite l'assèchement hivernal que les usagers reprochent souvent à l'hygroréglage, sans sacrifier l'évacuation des odeurs du matin.

Mélanger B et C est admis, à règle fixe

Les textes et les DTU admettent de mélanger les deux types dans un même réseau, à deux conditions : chaque bouche est posée dans la pièce prévue par le plan de ventilation, et le caisson ou le réseau collectif est dimensionné pour la somme des débits forts. Le mélange le plus pertinent en pratique : type C en cuisine et WC, où les pics sont courts et hauts ; type B en salle de bains et chambres, pour une humidité de fond plus stable. À ne pas faire : équiper une cuisine en type B sous prétexte de sobriété — la condensation sur les murs d'angle reviendra en une saison de chauffe.

Un bon type ne rattrape pas un mauvais plan

L'hygroréglable suppose des amenées d'air dans les pièces principales et des débats sous portes calibrés : sans transit, aucune courbe ne forcera l'air à circuler. Avant de remplacer des bouches, contrôlez les entrées d'air, souvent colmatées par des mois de peinture, et mesurez l'humidité de fond à l'hygromètre. Au-dessus de 65 % en permanence, le problème vient de la production d'humidité ou de l'enveloppe, pas de la sensibilité de la bouche : changer le type ne ferait que masquer la cause.