Condensation dans le caisson d'une VMC double flux : cinq causes, cinq remèdes

De l'eau sous l'échangeur : normal ou pas ?

Une VMC double flux produit de la condensation, c'est le principe de l'échangeur à contre-courants croisés : l'air vicié chaud et humide cède sa chaleur à l'air neuf froid, et la partie froide de l'échangeur descend sous le point de rosée. L'eau condensée est censée tomber dans le bac de récupération et s'évacuer par le piquage d'égouttement. On considère courament qu'une double flux de maison individuelle peut produire de quelques litres à une dizaine de litres par jour de fort contraste hivernal, davantage dans une maison récente très étanche où l'humidité intérieure est élevée.

Le problème commence quand l'eau ne sort plus : elle stagne, déborde, ou apparait là où elle ne devrait jamais arriver. Cinq causes, dans l'ordre de fréquence constaté sur le terrain.

1. L'égouttement bouché ou pente à l'envers

Le flexible d'évacuation se colmate d'un mélange de poussières et de biofilm, surtout quand il plonge dans un siphon sec qui laisse remonter les odeurs. Le remède est un siphon noyé permanent et une purge annuelle du flexible. Vérifiez aussi la pente : un égouttement remontant vers le caisson retient l'eau dans le bac au lieu de la vider.

2. Le givrage de l'échangeur

Par temps de gel humide, la face air neuf de l'échangeur givre ; le dégivrage, thermostatique, à bypass air vicié ou à rotation basse, fait fondre la glace d'un coup et le bac déborde si le débit d'égouttement est trop lent. Signes : bruit de claquement dans le caisson le matin, débit d'insufflation qui chute puis revient. Solutions : baisser la consigne de température de soufflage, vérifier que le préchauffage ou l'asservissement de protection gel fonctionne, et contrôler la sonde d'air extérieur mal positionnée qui déclenche trop tard.

3. Le filtre air vicié colmaté

Un filtre d'extraction encrassé abaisse le débit d'air vicié : le point de rosée se déplace dans l'échangeur, l'humidité condense en excès sur la face insufflation, et de l'eau part dans le réseau d'air neuf. Symptôme distinctif : buée aux diffuseurs d'insufflation et traces d'eau aux bouches de soufflage. Remède unique : changer le filtre, et contrôler la classe du filtre de remplacement, un filtre trop fin pour le débit nominal du caisson reproduit le même phénomène en trois mois.

4. Le bypass d'été bloqué ouvert

En mi-saison, un bypass collé en position ouverte envoie l'air vicié humide autour de l'échangeur, sans récupération : le courant froid de la face air neuf condense massivement. Le clapot de bypass grippé par la poussières est une panne de trois ans, typique des caisson sans entretien. Nettoyage et mouvement manuel du clapot remise chaque printemps.

5. Une consigne de soufflage trop basse

Si la régulation vise une température de soufflage trop proche du point de rosée de l'air intérieur, la paroi des gaines d'insufflation condense en pleine gaine et l'eau ressort des bouches. Relevé simple : température et humidité mesurées en sortie de caisson, comparaison avec le point de rosée correspondant. Le cas se rencontre après un changement de mode de chauffe qui assèche moins l'air intérieur que l'ancien système.

Le contrôle annuel qui évite tout cela

Une fois l'an : filtres neufs, bac et siphon nettoyés, clapot de bypass manipulé, sonde d'air extérieur dépoussiérée, débits contrôlés à la bouche la plus défavorisée. Ces vingt minutes coûtent le prix d'un filtre et évitent le remplacement d'un échangeur tordu par la glace, ou d'un moteur noyé.