Humidistat et givrage : comment une double flux protège son échangeur en hiver

Pourquoi l'échangeur givre par temps froid

Un récupérateur à plaques transfère l'humidité et la chaleur de l'air extrait vers l'air neuf. Quand l'air extérieur passe sous environ zéro degré, l'humidité cédée par l'air extrait (environ 40 g/h en maison occupée) se condense puis givre sur les parois froides côté soufflage. La glace accumulée obstrue les canaux : le débit chute, le caisson force, la consommation grimpe et, à terme, l'échangeur peut se fissurer par contraintes thermiques. C'est le principal mode de dégradation hivernale d'une double flux, et le premier point à contrôler lors de la visite annuelle.

Le rôle de l'humidistat : abaisser le point de rosée

Le premier niveau de protection est préventif : un humidistat intégré au caisson surveille l'humidité relative de l'air extrait. Dès qu'elle franchit un seuil réglable (souvent entre 40 et 60 %), le caisson réduit la vitesse d'extraction ou module le by-pass pour abaisser le point de rosée côté échangeur. Le système se prive temporairement de récupération, mais l'air extrait reste assez sec pour ne pas congeler sur les plaques. Sur les caissons sans humidistat actif, la protection se limite souvent à un by-pass de sécurité commandé par sonde d'air extérieur.

Les trois familles de dégivage

  • By-pass total de sécurité : sous un seuil d'air neuf (souvent -2 à -5 °C), le by-pass s'ouvre à fond et la récupération est court-circuitée. Solution la plus courante en résidentiel ; la maison est ventilée à l'air brut, moins confortable mais protégée.
  • Réchauffage amont : une résistance électrique placée avant l'entrée d'air neuf porte l'air juste au-dessus de zéro. Efficace mais pénalisant en consommation électrique : à réserver aux climats sévères et aux ERP.
  • Dégivage cyclique : le caisson interrompt périodiquement la récupération, parfois en réchauffant brièvement l'échangeur avec l'air extrait intérieur, jusqu'à disparition du givre détectée par les capteurs de perte de charge. Plus sobre que la résistance, un peu moins réactif.

Quatre vérifications avant les premiers gels

1. Sonde d'air extérieur propre et placée en façade nord ou sous un débord de toit, jamais exposée au soleil levant. 2. Fonction de dégivage activée dans la console de réglage du caisson : elle est parfois livrée désactivée. 3. Évacuation des condensats libre : un bac ou un siphon gelé refoule l'eau vers l'échangeur et aggrave le givrage. 4. Consignes de by-pass : un by-pass d'été qui reste entrouvert en janvier supprime la récupération et provoque un givrage désordonné.

Symptômes d'un échangeur déjà givré

Débit mesurable en baisse au petit matin, sifflement nouveau côté entrée d'air, surconsommation du ventilateur, ou coupures répétées par défaut de flux. N'augmentez jamais la vitesse « pour forcer le passage » : vous épaissiriez la glace. Coupez le caisson une demi-journée ou laissez dégivrer en consigne intérieure haute, puis faites contrôler l'état des plaques et l'équilibrage des débits.