Sonde CO2 dans les pièces principales : piloter la ventilation par le CO2, mode d'emploi et limitesVMC Hygroréglable
Sonde CO2 dans les pièces principales : piloter la ventilation par le CO2, mode d'emploi et limites

Dans une VMC hygroréglable, tout se pilote depuis les pièces d'extraction : cuisine, salle de bains, WC. Le séjour et les chambres, eux, ne sont desservis que par des entrées d'air autoréglables calées sur un seuil de dépression. Résultat : une chambre fermée à trois dort une nuit peut rester sous-ventilée si l'hygrostat de la salle de bains ne décroche pas. C'est exactement le cas d'usage que visent les systèmes d'asservissement au CO2 en pièces principales.

Ce que le CO2 mesure que l'humidité ne voit pas

L'hygrostat réagit à la vapeur d'eau : douche, cuisson, séchage. Le CO2, lui, est l'empreinte directe de l'occupation humaine : une personne endormie en produit en continu, et sa concentration monte dans une chambre close plus vite que l'humidité relative ne sature. Un capteur CO2 placé dans la pièce de référence (ou la chambre parentale) commande les entrées d'air autoréglables de cette même pièce : la section d'ouverture augmente quand la concentration franchit le seuil, et le débit d'air neuf suit l'occupation réelle au lieu du régime forfaitaire du caisson.

  • Seuil usuel : 1 000 ppm en tertiaire comme en résidentiel qualitatif — au-delà, la qualité d'air est jugée médiocre ; sous 800 ppm, bonne.
  • Architecture type : une sonde murale par pièce principale, reliée à un boîtier de commande qui module les entrées d'air motorisées du même volume ; le caisson reste en petit débit, l'hygrostat des pièces d'extraction conserve la main sur les pointes.

Implantation et entretien de la sonde

La sonde NDIR (à infrarouge non dispersif) est l'appareil de mesure le plus fragile de l'installation. Les règles d'implantation tiennent en trois points :

  • À 1,50-1,80 m du sol, sur une cloison intérieure, à plus d'un mètre d'une fenêtre ouverte ou d'une entrée d'air : placée dans le jet d'air neuf, elle sous-estimera en permanence.
  • Jamais au-dessus d'une source de chaleur ni derrière une porte ; jamais dans la cuisine, où les pics de combustion faussent la lecture.
  • Nettoyage annuel du logement optique à l'aspirateur doux, et calibration : les sondes modernes se recalibrent seule à l'air extérieur (les constructeurs préconisent une séquence annuelle d'exposition à l'air extérieur ou une calibration automatique en période d'inoccupation).

Les limites à connaître avant d'investir

Un asservissement CO2 n'est pas un remplacement de l'hygrostatique, c'est un complément : il ne voit ni la vapeur de la douche ni les COV des matériaux. Trois limites concrètes à intégrer au projet :

  • Le système suppose des entrées d'air motorisées compatibles avec la commande : sur une maison déjà équipée d'entrées à seuil passive, le changement des entrées est le poste principal du chantier, pas la sonde.
  • La régulation ne fonctionne que si le caisson délivre la pression disponible suffisante quand toutes les entrées s'ouvrent simultanément — point à vérifier sur la courbe débit-pression, sinon les pièces non occupées sont dépriorisées.
  • En collectif, la commande individuelle d'entrées d'air se butte à la surpression des colonnes : l'asservissement CO2 y reste marginal.

Bilan : dans une maison individuelle hygroréglable dont les chambres sont systématiquement fermées, l'asservissement CO2 attaque le seul angle mort qui restait — l'occupation des pièces de vie. Ailleurs, l'hygrostatique seule et un usage correct des entrées d'air suffisent.