Sur un réseau simple flux, la bouche de cuisine est souvent la seule dont le diamètre pose question. En rénovation, on hésite entre laisser le 80 mm d'origine et passer au 125 mm, plus généreux sur le papier. La réponse dépend du caisson, du conduit et du débit que la réglementation exige : ni plus, ni moins.
Ce que le diamètre change réellement
Le diamètre d'une bouche fixe surtout la vitesse de passage de l'air. À débit égal, une bouche de 80 mm laisse passer l'air deux fois plus vite qu'une 125 mm — la vitesse variant en raison inverse de la surface, qui passe d'environ 50 cm² à 125 cm². Or le bruit aérodinyme d'une bouche croît avec le cube de la vitesse : là où une 125 mm reste silencieuse à 135 m³/h, une 80 mm sifflera nettement dès 75-80 m³/h. Le diamètre n'augmente donc pas le débit disponible : il permet d'extraire le débit voulu sans bruit, à condition que le caisson et le conduit suivent.
- Bouche 80/100 mm : adaptée aux débits de cuisine « réduit » de la réglementation (60 à 120 m³/h selon le nombre de pièces) sur un caisson simple flux dimensionné pour le 80.
- Bouche 125 mm : pertinente quand le caisson est prévu pour le 125, que la cuisine est grande, ou qu'un mode « renfort » au-delà de 120 m³/h est demandé sans sifflement.
Le trio bouche, conduit, caisson
Passer d'une bouche 80 à une bouche 125 ne sert à rien si le conduit reste du 80 mm en amont : la perte de charge du conduit gouverne le réseau, la bouche n'est que la dernière résistance. Trois vérifications avant de changer de diamètre :
- Le conduit amont est-il en 125 mm continu depuis le collecteur ou le piquage ? Un réducteur 125/80 au droit de la bouche annule le bénéfice attendu.
- Le caisson accepte-t-il le 125 ? Un petit caisson autoréglable prévu pour quatre bouches de 80 n'aura pas la pression disponible pour porter du 125 en cuisine sans déséquilibrer les autres pièces.
- Le point de fonctionnement : à conduit équivalent, une bouche 125 plus ouverte diminue la résistance totale du réseau ; le caisson débitmètre plus, les autres branches aussi. Il faut ensuite re-répartir les débits pièce par pièce, sous peine de sur-extraire la cuisine au détriment des chambres.
Débit réglementaire et classement de bouche
L'arrêté du 24 mars 1982 fixe les débits minimaux par pièce : pour une cuisine, 60 m³/h par bouche pour les logements jusqu'à deux pièces, échelonné jusqu'à 135 m³/h au-delà de huit pièces. Une bouche auto-réglable de classement (les mentions « débit modulé » ou « asservie » figurent sur l'étiquette de la bouche) est dimensionnée pour délivrer ce débit à la pression nominale du caisson, en général 160 Pa pour un simple flux. Changer le diamètre sans respecter le classement casse l'équilibre de conception : la bouche débitera au-delà de l'étiquette, le caisson sortira de sa courbe, et le bruit reviendra par les entrées d'air des pièces principales, qui sifflent dès que le débit total augmente.
Le bon geste en rénovation
Si la cuisine manque d'extraction sans qu'on veuille toucher au réseau : vérifier d'abord l'état de la bouche existante (clapet grippé, grille encrassée de graisse), nettoyer, mesurer le débit à l'anémomètre. Si le débit mesuré est conforme à l'étiquette mais insuffisant pour l'usage, la solution n'est presque jamais un simple changement de bouche : c'est un caisson à pression disponible plus élevée, ou une extraction mécanique indépendante conforme à l'arrêté, avec réserve faite du conduit collectif le cas échéant. Le diamètre seul ne rachète pas un caisson sous-dimensionné ; il ne fait que rendre audible — ou acceptable — le débit que la machine sait déjà fournir.







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