Combien de bouches sur un seul caisson simple flux ? Le rôle de la boîte de dérivation

Le caisson ne se dimensionne pas au nombre de bouches, mais à la pression

La question « combien de bouches puis-je raccorder sur mon caisson ? » est mal posée. Un caisson d'extraction mécanique simple flux fournit un couple débit et pression disponible : c'est la perte de charge totale du réseau, pas le compte des bouches, qui décide du fonctionnement. Cinq bouches courtes et bien diamétrées passent là où trois piquages en série de vingt mètres chacun échouent. Le bon critère est double : le débit cumulé requis par les pièces (cuisine, sanitaires, WC) doit rester sous le débit du caisson à la pression disponible calculée pour le réseau réel.

Boîte de dérivation ou piquages en série : deux logiques

La boîte de dérivation répartit le flux en parallèle : chaque bouche reçoit sa propre gaine depuis un collecteur muni de regards obturables ou de colliers réglables. C'est la solution propre au dimensionnement : la perte de charge se calcule tronçon par tronçon et l'équilibrage se fait à la buse, sans toucher au caisson. On la retient dès quatre points d'extraction ou lorsque les longueurs dépassent dix mètres par branche.

Le piquage en série (un gros conduit principal avec des dérivations successives) est plus économique en matériel, mais pénalise mécaniquement la bouche la plus éloignée du caisson : le premier piquage capte l'essentiel du débit si rien ne le bride. Il exige des registres sur chaque branche et un relevé de débits à l'anémomètre en fin de chantier.

  • Diamètre usuel des branches : 80 mm pour une bouche de sanitaire, 125 mm pour la cuisine.
  • Longueur conseillée par branche : rester sous 15 m en semi-rigide 80 mm, au-delà passer au 125 mm.
  • Limite des coudes : chaque coude à 90° coûte environ l'équivalent de 1,5 m de gaine droite ; préférez deux coudes à 45°.

Le calcul qui évite la déception

Pour un logement courant (cuisine + deux sanitaires + WC), le débit cumulé réglementaire tourne autour de 105 à 120 m³/h. Avec des gaines de 80 mm, une douzaine de mètres par branche et quelques coudes, la perte de charge réseau atteint couramment 80 à 120 Pa. Le caisson doit donc fournir 120 m³/h à 100 Pa de pression externe, pas à 0 Pa comme l'affiche souvent la seule mesure en laboratoire. La lecture de la courbe débit-pression de la notice est indispensable : deux caissons étiquetés « 200 m³/h » peuvent s'effondrer à 90 m³/h à 100 Pa selon leur roue et leur moteur.

Les symptômes d'un réseau surchargé

  • Bouche de WC qui ne tire plus alors que la cuisine fonctionne : débit capté par la branche la plus directe.
  • Sifflement aigu en cuisine à vitesse 3 : la vitesse d'air dépasse 3 m/s dans la gaine, signe d'un diamètre sous-calibré.
  • Retour d'air par la bouche de salle de bains quand la hotte fonctionne : mise en surpression locale, réseau incapable d'extraire le débit cumulé.

Dans ces trois cas, la première correction est la boîte de dérivation et le registre, pas le remplacement du moteur.