Le principe : un débit qui ne dépend plus du réseau
Une bouche autoréglable débite un flux d'air sensiblement constant quelle que soit la dépression régnant dans le conduit, dans la plage usuelle de 40 à 160 Pa. Le mécanisme est purement mécanique : un volet ou un corps alvéolé en élastomère se déforme dès que la surpression locale tend à dépasser le consigne, et écrête le débit. Résultat : la bouche de cuisine débite ses 45, 75 ou 105 m³/h de catalogue à ±10 % près, que le caisson tourne en vitesse 1 ou en vitesse 3, que le conduit soit long de 4 ou de 14 mètres, et même si une hotte s'ébruite en parallèle.
Celle constance est ce qui l'oppose à la bouche hygro-réglable, dont le volet s'ouvre en fonction de l'humidité relative mesurée dans la pièce : en l'absence d'humidité, une bouche hygro peut passer sous 30 m³/h même si son consigne nominal est 75. L'autoréglable, elle, maintient son consigne en permanence, vent humide ou pas.
Trois situations où l'autoréglable est le bon choix
- Réseau collectif ou mutipoint : en gaines techniques individuelles ou en réseau collectif, la dépression varie avec la vitesse des autres ménages et avec l'étage. Une hygro-réglable y devient imprévisible ; l'autoréglable y est souvent exigée par les cahiers des charges d'entretien.
- Pièces sans production d'humidité propre : couloirs, celliers, buanderies, W.C. d'amis : l'hygro-réglage n'y a aucun capteur pertinent. Les bouches à débit constant y maintiennent le balayage d'odeurs et de COV.
- Locaux de rapport ou en location : l'occupant n'entretient pas le capteur d'humidité. L'autoréglable est moins sensible à l'encrassement du volet, car il n'a pas d'organe hygroscopique à maintenir propre.
Le revers de la constance
Un débit permanent au consigne, c'est aussi une surconsommation d'air quand la pièce est vide : en cuisine secondaire d'une maison de vacances, la bouche de 75 m³/h tourne à pleine ouverture jour et nuit, et les déperditions d'air suivent. Le calcul réglementaire (règles des arrêtés « ventilation » et méthode Th-B-C de calcul des débits dits « de base » et « de sortie ») distingue justement les systèmes à modulation hygro des systèmes à débit constant : les premiers ouvrent droit à une minoration des débits de base.
Deux autres limites mécaniques à connaître :
- En dessous de 40 Pa de dépression au raccord, l'autoréglage ne joue plus : le débit chute. Une bouche autoréglable en bout d'un sous-dimensionné de réseau ou sur un caisson fatigué débite beaucoup moins que le catalogue.
- Au-dessus de 160 Pa, beaucoup de corps alvéolés claquent et génèrent un sifflement : c'est le signal d'un réseau encrassé ou d'un caisson mal réglé, pas d'une bouche défaillante.
Réglage, classement et entretien
Les gammes se classent par débit nominal (45, 75, 105 m³/h en extraction principale) et par niveau de bruit : à 105 m³/h, l'écart entre une entrée et une bouche haut de gamme atteint 5 à 8 dB(A) à 1 m. Le montage se fait à plat, l'orientation des ailettes selon la notice, jamais peinte : une couche de glycéro colle le volet et neutralise l'autoréglage, c'est la panne la plus fréquente en sortie de chantier peinture.
Le contrôle annuel est simple : démonter le corps, laver à l'eau tiède savonneuse, sécher, et vérifier la liberté du volet au doigt. Sur les modèles à trois positions (petit / moyen / grand tirage), profitez-en pour reclasser le débit réel de la pièce : une bouche de cuisine passée de 75 à 105 m³/h après un changement d'usage est une opération de cinq minutes, pas un chantier.
Le point de synthèse
Le duo de tête en maison individuelle reste : hygro-réglage en cuisine et salles d'eau (là où l'humidité commande), autoréglage constant dans le reste du logement (W.C., couloirs, cellier). En collectif ou en réseau partagé, l'autoréglable devient la norme de fait : sa constance de débit est la seule garantie que chaque étage reçoit son air sans dépendre du voisin.


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