Quand on crée ou rénove une extraction en tirage naturel, la question du débouché vient toujours après celle du conduit : en toiture, au pignon, en souche, en sortie chapeau ? Le choix n'est pas esthétique : il conditionne le tirage, donc les débits réellement extraits pièce par pièce.
Les distances qui s'imposent
Quel que soit le mode de sortie, la règle de base reste la distance aux ouvertures pratiquées dans l'enveloppe : baies ouvrantes, entrées d'air, menuiseries voisines. Une sortie trop près d'une fenêtre ou d'une entrée d'air autoreglable crée un court-circuit d'air : l'air extrait revient aussitôt dans le logement, et la cuisine ou le WC ne sont plus balayés. Les textes d'application et les DTU fixent des distances minimales entre orifice d'extraction et toute ouverture d'air neuf ou baies ouvrantes du même logement ; en pratique, on cherche l'éloignement maximal permis par la géométrie du toit et de la façade.
Sortie en toiture : la plus favorable au tirage
- La souche doit dépasser la couverture et rester au-dessus de la zone de recirculation créée par le faîtage : une sortie noyée dans le turbillon sous faîtage perd une part de son tirage par vent de face.
- Plus la sortie est haute par rapport aux bouches d'extraction, plus la colonne d'air chaud crée de dépression naturelle : une sortie en égout est structurellement moins performante qu'une sortie prés faîtage.
- Le débouché (chapeau, souche à clip, sortie orientée) doit résister au vent de face et rester démontable pour le contrôle du conduit.
Sortie en pignon : acceptable, sous conditions
Une sortie en mur est possible et fréquente en extension : traverse de mur, grille extérieure à clapet, débouché orienté. Trois points la pénalisent souvent :
- le conduit horizontal extérieur non isolé refroidit l'air extrait en hiver : la colonne froide tue le tirage et fait condenser dans le conduit ; il faut isoler la traverse et la traversée, ou garder le conduit dans le volume chaud jusqu'au point le plus haut possible.
- au-dessus d'un débord ou d'une avancée, l'air extrait peut retomber sous la bavette et revenir par la façade : on place le débouché au-dessus de la ligne de tuiles, pas sous un avant-toit.
- le clapet du débouché est le premier coupable d'un simple flux qui ne tire plus : bloqué par la graisse en cuisine, il annule le tirage. Contrôle à faire tous les ans.
Décider en trois questions
1) Le conduit peut-il monter jusqu'au tiers supérieur de la pente et déboucher au-dessus de la zone de turbulence ? Si oui, toiture. 2) Sinon, la traverse en pignon peut-elle rester isolée sur tout son parcours et placer le débouché à distance suffisante des ouvertures ? Si oui, pignon. 3) Dans les deux cas, vérifier le diamètre : une réduction du conduit pour passer une traverse ou poser un chapeau moins haut fait chuter le débit plus qu'on ne l'imagine ; la perte de charge d'un coude ou d'un réducteur se paye en m³/h extraits. Le tirage naturel ne se rattrape pas par un réglage, il se conçoit à la conception.







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