Le tirage naturel que le vent retourne
Dans une VMC simple flux collective, un seul caisson en toiture aspire l'air de tous les étages via des conduits verticaux, chacun récoltant l'extraction d'une colonne d'appartements. En théorie, tout le monde débite pareil. En pratique, deux phénomènes pénalisent systématiquement les hauts de colonne : le tronçage de la souche et la surpression du conduit.
Le tronçage, c'est le vent qui plaque horizontalement sur la sortie en toiture et coupe le jet d'extraction comme on pince une paille. Au-dessus des derniers toits, là où la couche limite urbaine est la plus turbulente, une souche mal orientée peut perdre tout son tirage, voire aspirer de l'air par le conduit : l'appartement du dernier étage se retrouve en surpression et refoule son air vicié vers la colonne, chez les voisins du dessous. Le symptôme est caractéristique : buée persistante et moisissures de coin de plafond en haut de colonne, odeurs qui descendent à l'étage du milieu.
Surpression des conduits et trappe de calage
Le second effet est interne au réseau. Les conduits verticaux sont dimensionnés pour un débit d'équilibre par colonne. Quand un appartement du bas déclenche son extracteur individuel de hotte, il injecte un débit que la colonne n'évacue pas assez vite : la pression monte dans le conduit et se décharge par les bouches des étages du dessus, qui jouent alors le rôle d'entrées d'air parasites. D'où les courants d'air froid ressentis au-dessus et les déclenchements de bouches hygro qui n'ont rien demandé.
- Ne bouchez jamais une bouche de cuisine « pour couper le courant d'air » : vous décalez le déséquilibre chez les étages au-dessus, chez qui la buée reviendra.
- La bouche de cuisine d'un collectif est calculée pour extraire en petit débit permanent ; c'est la hotte qui doit être neutralisée ou raccordée en mode non-communicant par siphon de neutralisation, jamais la bouche que l'on condamne.
Correctifs à porter au syndic
Le particulier ne peut rien sur la colonne, mais le dossier peut être porté au syndic avec des mesures à l'appui. Un anémomètre à fil chaud appliqué à la bouche de cuisine, porte fermée puis entrouverte, relevé identique à trois heures du matin et du soir, objective le défaut pièce par pièce. Les travaux qui règlent le problème sont rarement le moteur : c'est la rehausse de la souche au-dessus du faîtage, la pose d'un chapeau déflecteur adapté à l'exposition du site, ou le rééquilibrage par trappes de calage en pied de colonne. Lors d'un changement de caisson collectif, exigez un modèle à débit constant asservi à la pression du réseau : il tolère bien mieux le tronçage qu'un caisson à vitesse fixe dont le débit s'effondre dès que le vent contrarie le rejet.


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